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Château de Prye – Nevers

La maison et son histoire

Un château de conte de fées, propriété de la reine de Pologne au 17e siècle, dans un parc de 156 hectares

La seigneurie de Prye, en Val de Loire, a offert une reine au Royaume de Pologne au 17e siècle. Edifié sur les fondations d’une ancienne forteresse médiévale, le château a conservé de nombreux décors anciens. Son immense parc clos, ses écuries de marbre, ses plafonds à la française et ses décors sculptés sont un pur régal pour les sens. Ce sont les marquis du Bourg de Bozas qui veillent depuis neuf générations sur cet élégant château de Prye. Leur accueil vous fera découvrir la vie de château avec un grand « V », dans les prestigieuses chambres d’hôtes et les gîtes à louer du domaine.

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Le Château de Prye est régulièrement réservé pour des événements de prestige, mariages et réceptions officielles © Château de Prye

Des racines féodales

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© Carte de Cassini (1750)

Au lieu-dit Prye se dressait déjà une forteresse au 10e siècle. Baptisée Firmitius, elle donna son nom au village voisin de La Fermeté. Seuls les restes d’une tour et les douves du château actuel remontent à cette époque. Les propriétaires étaient alors les sires de Prye (ou de Prie). Leur devise (cri de guerre) était « Cant l’Oyseaulx » (Que chante l’oiseau), qui inspira plusieurs décors. En mars 1462, Antoine de Prye vend sa terre à Imbert de La Platière, chevalier et seigneur des Bordes.

Une alliance royale inattendue

MarysienkaPrye passe par mariage et héritage aux mains du comte Antoine de la Grange d’Arquien en 1603. Quarante ans plus tard, sa petite-fille Marie-Casimire devient demoiselle d’honneur de Louise-Marie de Gonzague, fille du duc de Nevers. Une princesse au destin étonnant, puisque celle-ci épousera successivement deux rois de Pologne (également grands-ducs de Lituanie).
Marie-Casimire, attirée à sa suite, sera à son tour revêtue de la dignité royale, quelques années après son mariage avec Jean Sobieski. Après d’éclatants succès militaires contre les armées turques, ce vaillant prince fut en effet appelé à monter sur le trône de Pologne en 1674. C’est Jean Sobieski qui délivra Vienne assiégée par les Ottomans en 1683. Une victoire qui lui valut le titre de Sauveur de la Chrétienté. Près de Varsovie, les époux Sobieski firent construire le palais de Wilanow.

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Jean III Sobieski obtenant la reddition du grand vizir Kara Mustafa après la bataille de Vienne (1683) © Juliusz Kossak

Devenu propriété de la reine de Pologne, le château fait l’objet d’une rénovation importante au 17e siècle. La pierre aux tonalités chaudes qui est utilisée par les maçons provient d’une carrière à même la propriété. A la mort de la reine, son fils Jacques vend le domaine de Prye à l’abbé de Simiane, qui le cède deux ans plus tard à Michel de Las, seigneur de Valotte et autres lieux.

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Plan du domaine de Prye, à l’époque où le château était encore ceint de ses douves © Château de Prye

D’autres liens avec la Pologne

La marquise de Prye (portrait anonyme)

La marquise de Prye (portrait anonyme)

En 1725, le jeune Louis XV épousa Marie Leszczynska, fille du roi de Pologne détrôné Stanislas Leszczynski (futur duc de Lorraine et de Bar). Une union facilitée par la marquise de Prye, alors favorite du duc de Bourbon, premier ministre du roi. Celle-ci exerce en effet à la Cour une influence importante, avant de tomber en disgrâce quelques années plus tard, victime des dissensions au sein de la famille royale. Elle décéda à l’âge de 28 ans.

La famille du Bourg de Bozas

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Emmanuel du Bourg de Bozas, Maréchal de Camp (1693) © Château de Prye

En 1771, Louise-Marie de Las, propriétaire du château de Prye, épouse Emmanuel du Bourg, cinquième marquis de Bozas. Leurs descendants entreprendront d’importants travaux au domaine. Charles-Louis (1802-1882) commence par l’édification d’un mur de clôture long de 7 km autour du domaine. Antonin du Bourg de Bozas (1836-1922) poursuit cette entreprise en redessinant le parc, dont le tracé est confié en 1873 l’architecte-paysagiste Edouard André. Son Traité général sur la composition des parcs et jardins en décrit les principes directeurs.

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Ecuries princières, lambrissées de marbre rouge © Château de Prye

En parallèle, l’architecte Massillon-Rouvet, élève du célèbre Eugène Viollet-le-Duc, restaure et agrandit le château. La statue de saint Georges est placée au sommet de la tour hexagonale. De somptueuses écuries lambrissées de marbre sont construites en 1888, à la demande du marquis, écuyer de Napoléon III, revenu sur ses terres à la chute de l’Empire. Ce monument grandiose permet le déploiement de toutes les activités de l’art équestre. Ses boxes princiers abritent les chevaux réservés à la chasse à courre, tandis qu’un manège de 630 m² accueille les exercices de haute voltige. Les employés du domaine y logent à l’étage.

Robert, l’explorateur

Château de Prye Nevers

Un des trophées de l’expédition © Château de Prye

Sous la voûte du manège, des trophées d’animaux d’Afrique nous observent. Ils furent rapportés d’Afrique par le vicomte Robert du Bourg de Bozas, frère cadet du marquis. Il dirigea pour le Gouvernement français une mission scientifique, « De la Mer Rouge à l’Atlantique » (1903). Parti de Djibouti, il parcourut l’Éthiopie et les hauts plateaux du Nil, avant de trouver la mort à Amadi (Congo).

La nouvelle vocation du domaine

Au début du 20e siècle, Emmanuel du Bourg de Bozas (1896-1990) lance à Prye un élevage réputé de vaches charolaises. C’est aujourd’hui son petit-fils, Antoine-Emmanuel, son épouse et leurs enfants, qui gèrent le domaine. Le château, restauré avec soin, offre cinq très belles chambres d’hôtes, tandis que deux pavillons ont été transformés en gîte (plus sobres) pour l’accueil des familles. De nombreux événements, soirées musicales, mariages, séminaires et autres rallyes automobiles sont organisés à Prye, au milieu des étendues sauvages riches en gibier.

Château de Prye Nevers

Le Château de Prye a reçu en 2014 le prix de la « Maison de la Chasse et de la Nature », à l’occasion du Congrès de la Demeure Historique, pour encourager son programme de restauration © Sébastien Nesly

L’empreinte de nombreuses époques

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Le marquis Antonin du Bourg de Bozas, inspirateur des travaux de style néo-gothique © Château de Prye

Chacune des trois ailes du château actuel fut édifiée à une époque différente. La plus ancienne, avec sa belle tour octogonale, rappelle encore la Renaissance. Le bâtiment aux toitures les plus élevées présente lui des proportions classiques, typiques du 18e siècle. Quant au corps de logis situé à l’est, de moindre dimension, il date de la fin du 19e siècle, avec son style néo-gothique caractéristique. Etonnamment, les écuries édifiées à cette époque s’inspirent, elles, de celles de Versailles, très classiques. Un beau puzzle stylistique, pour les amateurs du genre, chaque génération ayant laissé sa « griffe » sur différentes parties du domaine, n’hésitant pas à se réapproprier l’histoire ancienne.

Château de Prye

Le marquis Antoine-Emmanuel du Bourg de Bozas et son épouse Madgalena évoquent l’histoire du domaine et leur engagement à le faire vivre au 21e siècle – un reportage de « Châteaux de France » © Electron libre productions

Poursuivre la lecture

Équipements

  • 5 chambres de caractère
  • Salles de bains privative (dont 2 avec baignoire en fonte à pieds de lion)
  • 2 gîtes (plus modernes) dans le parc : Le Pavillon et Les Grilles
  • Wifi dans un des salons du château
  • Petit déjeuner – table d’hôtes en soirée, sur réservation
  • Salon et bibliothèque
  • Table de ping pong
  • Parc clos de 156 hectares, pelouses, allées, rivière et île, nombreux animaux
  • prestation de pêche et de chasse de prestige : à tir, à l’arc et au vol (buses de Harris et faucons, initiation et démonstration tout au long de l’année – sur demande uniquement, selon disponibilité et législation en vigueur)
  • Location privative du site possible pour réceptions, mariages, réunions de famille, séminaires, événements
  • Langues parlées : français, anglais, néerlandais, polonais
  • Les chambres d’hôtes sont ouvertes du début mai à la mi-octobre, mais les gîtes restent accessibles toute l’année
  • Parking privé
  • Ville (et aéroport) les plus proches : Nevers (15 km)
  • Gare de Imphy : 5 km
  • L’usage d’une voiture personnelle est recommandé
  • Peu accessible aux moins valides
  • Familles et enfants bienvenus dans les suites (lits d’appoint sur demande), menus adaptés
  • Animaux de compagnie acceptés seulement dans les gîtes (avec caution)
  • Espaces non fumeurs

À voir dans les environs

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© Château de Prye

Séjourner à Prye, c’est d’abord savourer un site d’une richesse patrimoniale, culturelle et historique unique. La découverte du domaine mérite à elle seule une journée, tant le parc a de vues différentes à offrir.
A quelques kilomètres, Nevers, ville labellisée d’art et d’histoire, possède quelques beaux édifices d’époque à visiter, dont le palais ducal érigé à la fin du 15e siècle, résidence de la princesse Louise-Marie de Gonzague de Mantoue, future reine de Pologne (ainsi que le rappelle le nom de la place adjacente). Le magnifique palais, devenu hôtel de ville, n’a cependant pas conservé grand-chose de son décor intérieur original. Le rempart médiéval de la ville, la cathédrale et plusieurs églises méritent le détour, ainsi que le musée de la faïence.

Le palais ducal de Nevers, résidence du prince de Gonzague © Jane Drumsara

Le palais ducal de Nevers, résidence du prince de Gonzague © Jane Drumsara

Taureau charolais © Benjamin Claverie

A une quarantaine de kilomètres, La Charité sur Loire et son célèbre prieuré sont aussi des destinations fort appréciées par les curieux d’histoire.
Le Nivernais attire beaucoup d’amateurs de promenades, le long de la Loire bourguignonne, du canal du Nivernais (18e siècle) ou dans les nombreux villages pittoresques de cette région restée peu touchée par l’urbanisation. Les gastronomes n’y seront pas en reste : la viande charolaise, les poissons de rivière, mais aussi de nombreuses gourmandises y sont réputées, sans oublier quelques crus bourguignons typiques, dont le célèbre Pouilly.

A lire, regarder ou écouter

Stage de fauconnerie à Prye.jpgPour apprécier pleinement l’atmosphère d’époque du Château de Prye, n’hésitez pas à enrichir votre séjour par quelques lectures (rien ne vaut un bon roman dans l’histoire pour faire revivre un décor ancien). L’écoute de certains morceaux musicaux peut aussi vous transporter très efficacement dans le temps… Quelques suggestions:

Apprendre et comprendre

  • « Les écuries des châteaux français« , par Pascal Liévaux
    Vous découvrirez au Château de Prye des écuries monumentales parmi les plus luxueuses de France. Pascal Liévaux propose dans son ouvrage une lecture détaillée de ce monument.
  • « Edouard André (1840-1911) Un paysagiste botaniste sur les chemins du monde« , par Florence André et Stéphanie de Courtois
    Les amateurs de parcs et jardins seront comblés à Prye. Au 19e siècle, le marquis Antonin du Bourg de Bozas demanda à Edouard André de réaménager le domaine. Dans son traité, ce dernier indique comment il n’hésita pas à trancher à la hache dans les massifs forestiers. Plus d’un siècle après, promenez-vous dans ce parc de style mixte, empruntez les petits ponts Napoléon III…
  • « Lettres de voyage, De la Mer Rouge à l’Atlantique (1901-1903)« , écrites au cours de la mission scientifique menée par Robert du Bourg de Bozas
    L’exploration « de la Mer Rouge jusqu’en Atlantique » entreprise par l’arrière-grand-oncle de l’actuel propriétaire du château fut une aventure très audacieuse pour l’époque. En Abyssinie, l’explorateur rencontra l’empereur Ménelik. Accompagné de scientifiques, il collecta de nombreux objets aujourd’hui préservés au musée du quai Branly. Robert du Bourg de Bozas trouva malheureusement la mort en Afrique avant le retour de l’expédition. Ses lettres de voyage, à la fois passionnantes et émouvantes, ont inspiré une exposition au Musée de l’Homme de Paris en 2004.

Livres à savourer pendant votre séjour

  • « Marie de la Grange d’Arquien, Une Nivernaise règne sur Varsovie et Rome« , par Hubert Verneret
    Cette reine de Pologne d’origine nivernaise passe son enfance à Prye et devient son propriétaire à la fin du 17e siècle. Son existence peu banale est racontée ici avec moult précisions par le romancier Hubert Verneret, spécialisé dans l’histoire du Nivernais. Le souvenir de Marysienka est cultivé au château : vous pourrez y visiter la chambre du roi, dédié aux époux Sobieski.
  • « Rose et Louise, Maîtres de forges en Nivernais« , par Hubert Verneret
    La Nièvre est une terre riche en hauts-fourneaux. A l’époque de la Révolution, Louise du Bourg était maître de forge. Sa voisine Rose Babaud de la Chaussade l’était également à Guérigny. Découvrez les temps forts d’une époque troublée en lisant les aventures de ces deux femmes, ramenées à la vie par Hubert Verneret.
  • « La Duchesse d’Uzès 1847-1933« , par Patrick de Gmeline et « Mon tour du monde : les Indes, la Chine, le Japon (1903)« , par la comtesse du Bourg de Bozas
    La période qui s’étend de la fin du 19e siècle à la Première Guerre mondiale est fascinante : l’art de vivre y atteint une excellence nouvelle, la vie mondaine bruisse d’activités, de longs périples sont entrepris dans des contrées lointaines, l’art de la chasse (vénerie notamment) y est pratiqué avec passion.
    Ces deux ouvrages évoquent l’existence de deux femmes d’exception, ancêtres des propriétaires du Château de Prye : la duchesse d’Uzès, maître d’équipage du rallye Bonnelles, personnalité hors du commun pour son époque, ainsi que la comtesse du Bourg de Bozas, qui réalisa son tour du monde.

Musiques (d’époque) à apprécier sur place

  • « Grzegorz Gerwazy Gorczycki »
    Un des grands compositeurs polonais de la fin du 17e siècle, contemporain du roi Jean Sobieski et de sa femme Marie-Casimire. Une éclatante musique baroque, dominée par le chant choral, virtuose (extrait).
  • « Concertos pour orgue« , par Michel Corrette
    Florilège d’airs profanes, malicieux et entraînants, portés par un orgue dansant. Une évasion primesautière dans la musique française du début du 18e siècle, contemporaine des premières années du règne de Louis XV.

 

 

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Appréciation des visiteurs

Évaluation selon 1 avis:

Historical authenticity
Ambiance and settings
Quality of welcome
Degree of comfort

Catherine et Marc-Antoine MATHIJSEN

01-08-2015

Superbe lieu, chargé d'histoire. Nous avons été reçus en toute simplicité et très chaleureusement par la Marquise du Bourg de Bozas, Magdalena, issue d'une ancienne famille Polonaise (voilà une racine qui aurait fait plaisir à la reine de Pologne, jadis maîtresse des lieux !)
L'absence de panneaux indicateurs (entrée, réception, parking, vestiaire...), de tout menu ou autres "desk" commercial à l'entrée était un peu déconcertante de prime abord, mais cela nous a tout de suite fait prendre conscience que nous étions VRAIMENT reçus chez l'habitant et non pas à l’hôtel. Nous voici plongés comme des invités dans ces lieux magiques. Le repas du soir – qui n'était pas indiqué, mais qui nous a été proposé sur place – était parfait. Cela nous a permis de ne pas devoir quitter ces lieux.
Les chambres sont vraiment spacieuses et confortables. Salles de bains à l'ancienne, mais agréables et modernisées tout en restant authentiques.
Parc incroyable qui invite à la ballade.
Seul regret : nous n'étions sur place qu'une seule nuit ! Nous reviendrons, à coup sûr !

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Authenticité historique
Cadre et atmosphère
Qualité de l accueil
Niveau de confort

17e siècle Château Maison/Chambres d’hôtes 100-150€/chambre

Séjour à l'ancienne

Château de Prye
Marquis et Marquise du Bourg de Bozas
58160 LA FERMETÉ
France
+33 3 86 58 42 64
Site web du château

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